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DEMOSPHERE GIRONDE

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24 juin 2009 3 24 /06 /juin /2009 12:56
40 ans après les émeutes de Stonewall, presque 30 ans après la dépénalisation de l’homosexualité en France, 11 ans après le Pacs … le compte n’y est toujours pas pour les lesbiennes, les gays, les bi, les trans’ et les intersexes ! Les personnes LGBTI sont toujours victimes de l’oppression patriarcale : interdiction du mariage, de l’adoption, de la procréation assistée, du don du sang, pathologisation des trans’, mutilation des intersexes ….

La LGBTI-phobie est partout et l’égalité des droits piétine. Ainsi, le gouvernement UMP passe par pertes et profits ses promesses électorales, comme le statut du beau-parent, et Roselyne Bachelot effectue des tours de passe-passe pour faire des économies sur le dos des trans’ : les trans’ seront maintenant placé-es sous l’étiquette « trouble de l’identité de genre » mais toujours soumis-es au suivi médical ; au passage cela pourrait permettre de ne plus rembourser les traitements de transition à 100 %. Et pendant ce temps, les membres de Gaylib (UMP) défilent librement au sein de la Marche des fiertés alors qu’ils et elles sont complices de ces manoeuvres.

Si les luttes pour obtenir ces droits sont essentielles et que l’égalité en démocratie ne peut souffrir d’exception, cela ne suffit pas. En effet, l’égalité des droits ne mettra pas fin au patriarcat. Ce système consiste en l’exploitation matérielle et sexuelle des femmes par les hommes. Il est à la base de la séparation de l’humanité en deux genres construits comme hétérosexuels et complémentaires. L’oppression des personnes homosexuelles, bisexuelles, trans’ ou intersexes découle directement de ce système. La binarité des genres et la contrainte à l’hétérosexualité reposent sur la naturalisation abusive du sexe et de la sexualité.

 

Pourtant, on ne naît pas femme, homme ou hétérosexuelle, on le devient : c’est un système plurimillénaire qui institue les comportements hétéronormés à travers la famille, l’éducation et les institutions étatiques. L’État et la médecine s’érigent en défenseurs de l’ordre patriarcal en faisant des trans’ des malades mentaux et en condamnant les enfants intersexes à des réassignations de sexes barbares. On ne sortira de ce système que par un combat fédérant tous les groupes opprimés par le patriarcat, que ce soient les femmes ou toutes les personnes qui ne suivent pas la norme de genre binaire et hétérosexuelle.

 

Comme le capitalisme, le patriarcat ne connaît pas de frontières. La Marche des fiertés est aussi l’occasion de manifester notre soutien aux personnes LGBTI du monde entier. Rappelons que cette marche commémore la première révolte LGBT de 1969, lorsque des gays et des trans’ se levèrent face à une énième descente de police dans un bar new yorkais (le Stonewall Inn) et lancèrent une vague de protestations qui a, depuis, gagné le monde entier.

 

Cette solidarité internationale doit aussi se manifester par notre soutien aux personnes sans papiers menacées d’expulsion, alors qu’elles ont quitté des pays où, souvent, leur vie était en jeu. Nous manifestons aussi pour celles et ceux qu’on empêche de vivre dignement à travers le monde. Aujourd’hui, aucun peuple ne peut malheureusement se prévaloir d’être sorti du système patriarcal et, en conséquence, la lutte pour les droits des femmes ou des personnes LGBTI ne peut en aucun cas servir l’impérialisme des pays dominants. Nous ne sommes pas dupes de cette instrumentalisation. Le combat contre le patriarcat se mène à la base par ceux et celles qu’il opprime, en s’appuyant sur des solidarités horizontales à travers le monde.

 

Enfin, la lutte contre le patriarcat doit s’articuler avec le combat contre le capitalisme et contre toutes les formes de domination. Le patriarcat est un système de domination qui implique à la fois l’exploitation matérielle des femmes et l’oppression sociale des femmes et des personnes LGBTI. Cela permet de maintenir un ordre social et moral où chacun doit rester dans le rang, être hétéro, avoir des enfants, travailler, accepter sa condition de salarié. Ainsi, le capitalisme s’appuie sur le patriarcat pour imposer aux femmes des temps partiels non choisis et les salaires de misère qui vont avec. Les capitalistes utilisent aussi le patriarcat pour étendre la marchandisation des corps et transformer la culture LGBTI en un marché lucratif. Les lesbiennes subissent ainsi une double oppression en tant que femmes (plus souvent à temps partiel, au chômage et moins bien payées que les hommes) et homosexuelles, ce qui participe à leur quasi invisibilité dans l’espace public. Les personnes trans’, quant à elles, sont pour moitié RMIstes, parce qu’il leur est impossible de retrouver du travail sans avoir pu modifier leur nom et la mention de sexe sur les registres de l’État civil. L’articulation des luttes contre le patriarcat, le capitalisme et contre toutes les formes d’oppression est donc une nécessité si nous ne voulons pas favoriser une oppression en en combattant une autre.

Contre le patriarcat, aujourd’hui comme hier, nos désirs font désordre. C’est pourquoi, uni-es dans la Marche des fiertés, nous revendiquons :

 

- l’égalité des droits (mariage, filiation) indépendamment du sexe et de l’orientation sexuelle,
- l’application du droit à l’asile et au séjour pour toutes les personnes LGBTI menacées dans le monde,
- la dépathologisation des trans’ et l’arrêt des réassignations de genre des intersexes à la naissance,
- la suppression des mentions de sexe sur les papiers d’identité et les documents d’État civil, une éducation non sexiste et non genrée et une éducation à la sexualité débarrassée des normes hétérosexuelles et de l’injonction à la reproduction, centrée sur le plaisir partagé et le respect du consentement,
- une meilleure répartition des richesses qui permette à chacun-e d’être indépendant-e de sa famille,
- un statut de l’individu et des droits sociaux et économiques détachés de l’appartenance à un couple,
- la reconnaissance de toutes les formes de vie commune librement consentie et d’éducation partagée des enfants.

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