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DEMOSPHERE GIRONDE

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28 mars 2012 3 28 /03 /mars /2012 10:05

"Bonjour,
Je voudrais réagir à votre article sur les manifestations pro-vie et pro-IVG de samedi dernier.


J'étais dans le cortège de la "cinquantaine d’anarchistes et ultras" comme vous l'écrivez, et ce, du début à la fin, depuis la place Pey-Berland jusqu'à la place de la Victoire. Pour votre information, je ne suis adhérente à aucune organisation libertaire, anarchiste ou "ultra". Je ne cache pas que je partage certaines de leurs idées mais cela ne fait en aucun cas de moi une anarchiste ou "ultra" comme vous le dites si bien. Les étiquettes (et c'est ce que vous avez fait en écrivant cet article), je ne supporte pas cela. Et puis, on peut vouloir manifester comme une simple citoyenne, un simple individu. C'est mon cas comme ce le fut pour beaucoup d'autres personnes présentes dans ce cortège, samedi dernier.http://www.sudouest.fr/images/2010/09/23/192650_logo-so-elargi-2_460x306.JPG
Bref, pour reprendre votre article, nous n'avons visiblement pas assisté à la même contre-manif. Mais alors pas du tout! Je dis cela en référence à votre dernier paragraphe sur les "deux incidents". Vous écrivez : "L’un de ces manifestants a été placé en garde-à-vue après avoir frappé sur le casque d’un CRS, en train de dégager le passage pour les pompiers, suite au malaise d’une jeune fille." Ce n'est pas ce que j'ai vu et encore une fois, j'étais là du début jusqu'à la fin de la manifestation. Y étiez-vous?
Voici la réalité des faits : "la jeune fille" en question (pour votre information, il s'agissait d'une dame d'un certain âge mais passons...) a tout simplement été poussée sans ménagement par un CRS alors qu'elle voulait rentrer dans la manifestation (les CRS interdisant de rentrer ou de sortir). C'est suite à ce geste du CRS qu'elle est tombée par terre et sa tête a heurté le sol.
A ce propos, j'ai également vu, de mes yeux vu, une autre dame se faire pousser avec brutalité par un CRS parce qu'elle voulait "sortir" du cortège... Et ce ne sont là que quelques exemples de la brutalité policière qui s'est exercée, samedi, sur notre cortège. Cortège qui, pour le coup, n'est pas rentré dans le jeu des CRS en gardant son calme et en ne répondant pas aux provocations des policiers, CRS et BAC compris. Alors, après tout cela, madame Campagne, pouvez-vous me dire de quel côté étaient la violence et la provocation samedi? A moins que dans notre démocratie, le simple fait d'être anarchiste ou de partager leurs idées, c'est être provocateur... ?
Autres précisions :
- 1/ Le CRS dont vous parlez a reçu une petite tape sur son casque et n'a aucunement été "frappé" comme vous l'écrivez. La différence est énorme tout de même ! En revanche, le manifestant qui a commis ce geste a, lui, bien été frappé... D'ailleurs, comment en aurait-il pu être autrement? Face à des CRS armés jusqu'aux dents (casques, protections sur les épaules, les genoux, les bottes, boucliers, matraques et j'en passe...) et ultras protégés par leurs équipements, les manifestants ne faisaient vraiment pas le poids. Alors, quand je lis qu'un "manifestant a été placé en garde-à-vue après avoir frappé sur le casque d’un CRS", je me marre...! Il suffisait d'être présent à la manifestation pour voir que samedi, notre seule arme à nous, c'était notre voix.
- 2 / Ce n'est pas le CRS qui était "en train de dégager le passage pour les pompiers" mais les manifestants qui ont d'ailleurs applaudi ces mêmes pompiers quand ceux-ci ont réussi à passer le barrage des CRS!
Enfin, je précise que cet "incident" est intervenu dans un climat très tendu, entretenu par le déploiement totalement disproportionné de CRS qui nous entouraient. Car c'est le mot : "nous entouraient". Il aurait été d'ailleurs professionnel que dans votre paragraphe sur la contre-manifestation libertaire, vous évoquiez le fait que notre cortège était totalement encerclé par les forces de police (CRS + BAC), à tel point, encore une fois, que nous ne pouvions ni en sortir ni y entrer. Pendant plus de 3 heures, nous avons été parqués comme du bétail - je n'ai pas d'autres mots - entouré par une clôture électrique qui, samedi, avait pris l'apparence d'un bataillon de CRS. Nous n'avions aucune prise sur le parcours de notre cortège : ce sont les CRS (et la BAC) qui le décidaient en nous poussant... tout simplement, pour nous éloigner le plus possible des catholiques intégristes. Le tout, avec de temps à autre, un "petit" coup de matraque par ci par là dans les tibias des manifestants.
Il aurait été également judicieux de votre part de préciser le nombre de CRS qui nous entouraient (je pense que vous auriez été surprise puisque visiblement, nous n'avons pas assisté à la même manifestation...) et d'avoir, après celui de la police, le point de vue du GRAAF ou de manifestants de ce cortège d'extrême-gauche. Cela s'appelle le débat contradictoire et c'est ce que tout journaliste digne de ce nom est censé faire quand il écrit un article, surtout sur un sujet aussi sensible. Et c'est une journaliste qui vous le dit.
Je sais aussi que pris par les nombreux articles que l'on doit parfois écrire dans une seule journée, on n'a malheureusement pas toujours le temps d'appeler tout le monde et c'est bien dommage. Après, les rectificatifs, cela existe aussi et il aurait été sage et surtout responsable de votre part d'avoir la décence d'en faire un dans "Sud Ouest" suite à la parution de votre article qui a suscité quelques réactions tout de même.
Bref, je voulais vous dire à quel point votre article m'a heurtée comme je l'ai été par le manque total de liberté de manifester, samedi, par les forces de police. C'est très choquant de voir et de vivre cela aujourd'hui en France, dans un pays qui se dit démocratique. Franchement très choquant. Renseignez-vous auprès des habitants du cours Pasteur qui, depuis leurs fenêtres, nous ont soutenus.... Là encore, vous serez sans doute surprise.
Enfin, pour votre information, la contre-manifestation libertaire n'a, comme l'an dernier, pas été déclarée car la première année (en 2010), elle avait été déclarée et malgré cela, elle avait été interdite par la préfecture... Ce qui n'avait pas empêché le cortège de se faire.
En espérant que vous rétablirez un peu la vérité dans votre journal.
Cordialement...

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