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DEMOSPHERE GIRONDE

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1 février 2013 5 01 /02 /février /2013 09:14

article de l’Est Républicain (27/01/12):
Agression néonazie à la porte d’un café-concert

Besançon. « Une nuée de moineaux. Ils sont repartis comme ils sont arrivés, d’un pas rapide et ont gazé tout le monde sans dire un mot… Enfin si, ils ont lâché : ici on est chez nous », témoigne Sandra Rué, la gérante de « Ze music all », un café-concert ouvert depuis l’automne et situé 18, rue Rivotte.

Elle était au bar lorsque la dizaine d’individus « crâne rasé et bombers », soit la tenue du “parfait” petit néonazi, ont débarqué « au moment où un client sortait pour aller fumer une cigarette. En tout, il y avait une demi-douzaine de personnes dehors. J’ai vu un nuage de gaz entrer dans le café en même temps que quelqu’un hurlait : « Les nazis, les nazis, ils nous gazent ». J’ai sauté par au-dessus le comptoir… » Les agresseurs s’enfuyaient déjà. « Je les ai interpellés et l’un m’a dit sans se retourner on reviendra avec des cocktails Molotov. »

Vendredi soir, le café accueillait un concert de Prince ringard. « Apparemment il y a un problème. Ce matin, j’ai croisé un jeune du quartier qui était blessé au visage. Il m’a dit qu’il venait d’être agressé par le même genre de crânes rasés. »

En juin dernier, le collectif antifasciste de Besançon a publié sur son blog « fafwatchfc.noblog.org » deux vidéos postées sur YouTube par des membres de la mouvance néonazie locale, dans lesquelles ont voit un groupe identique s’en prendre très violemment, à coups de poings, de pieds, à des personnes, à une terrasse de bar et au niveau du pont Denfert-Rochereau. Ces exactions qui n’ont pas donné suite à une plainte s’étaient apparemment produites vers le mois d’avril.

Ces faits répétés font suite à une présence de plus en plus préoccupante de ces individus qui souhaitent visiblement en remontrer aux activistes anarchistes de la ville de Proudhon. On avait déjà assisté au soutien musclé à des extrémistes catholiques, aux séances de saluts nazis devant la librairie libertaire de la place Marulaz, à la mise à sac d’une permanence du Front de Gauche… La liste s’allonge en toute impunité faute de dénonciation de la part des victimes.

La révélation par le collectif antifasciste d’une enquête assez fouillée sur les possibles connexions des auteurs de ces violences a, en revanche, elle, engendré une plainte actuellement en cours d’instruction par le commissariat de Besançon.

Fred JIMENEZ

Rectificatif : Fafwatchfc n’est pas le Blog du CAB. Quant aux agresseurs, ce sont évidemment les mêmes qu’en avril dernier (voir ci-dessous, « agressions néo-nazies, ça suffit !). Ils sont tellement discrets que tout le monde les connaît, sauf…la police.

 

À Besançon, des néonazis sèment la terreur

 

Ultranationalistes à Besançon en 2010

Des ultranationalistes à Besançon en 2010 © MaCommune.info.

Le centre-ville de Besançon pourrait être devenu un terrain de chasse depuis quelques semaines. Des néonazis, identitaires, ultranationalistes, y sèment la terreur en tabassant les malheureux qui croisent leur chemin. Le principe est toujours le même : une bande, organisée, armée, et méthodique, débarque soudainement, réalise son « opération », puis disparait aussi rapidement qu’elle est venue. Et pour quelles raisons… s’en prendre à ceux qu’elle juge être des opposants, anarchistes, antifascistes, gauchistes, qu’ils le soient réellement ou non, mais aussi peut-être des jeunes issus de l’immigration et autres « indésirables » de leur conception. Une vague de violences de plus en plus brutale et récurrente qui, bien que la population commence à en prendre conscience et à réagir, ne semble toujours pas inquiéter les Autorités.

 

Des archives sur des cas graves et récents

L’énumération des principaux faits similaires était inévitable, et les dossiers à ce sujet ne manquent malheureusement pas. Car si Besançon est une ville plutôt ancrée à gauche, avec un mouvement libertaire dynamique, il n’en demeure pas moins que des violences émanant de groupes d’extrême-droite y ont toujours été ponctuelles. Sans reprendre la longue chronologie sur ce sujet, l’évocation des dernières barbaries commises ne peut qu’apporter une lumière sur cette vérité mal connue des Bisontins eux-mêmes. C’est par exemple le cas des attaques d’avril 2012 en plein centre historique, qui ont défrayé le petit monde local notamment parce que leurs auteurs se sont filmés en train de réaliser leurs actes, et que deux vidéos sont parvenues au grand public.

 

La seconde vidéo.

L’on y voit dans la première le passage à tabac de deux personnes attablées à un bar, qui s’avéreront issues du monde alternatif, et dans la deuxième la même sanction à l’encontre de plusieurs personnes non identifiées. Plus récemment milieu décembre dernier, c’est un autre opposant politique qui est pris à parti, en pleine après midi sur la passerelle Battant, par un nationaliste radical. Les deux gaillards s’étant croisés sur le mince passage, le crâne-rasé lui aurait directement sauté dessus selon la version adverse, et aurait tenté de lui assener deux coups de couteau dans le bas du ventre et à la cuisse, point de vue appuyé par des témoins, entrainant de légères blessures mais heureusement sans gravité.

Une escalade sans précédents

Outre ces deux faits graves, et les nombreuses autres altercations régulières, c’est bien l’événement du vendredi 25 janvier au soir qui a marqué un tournant dans l’esprit général. Car c’est une véritable horde qui a déferlé, en ayant pour cible non pas une ou un petit groupe de personnes, mais toute une foule. Les faits se sont déroulés rue Rivotte, dans un petit café-concert tranquille. Une dizaine d’individus aux crânes-rasés et bombers, véritable formation disciplinée et déterminée, ont alors fait irruption aux abords de l’établissement, gazant avec des bombes lacrymogènes l’ensemble des personnes présentes fumant à l’extérieur, et en frappant certaines. Tout en scandant « on est chez nous » et « on va revenir avec des cocktails molotov. » Le nuage de gaz et la panique se diffusant, les clients notamment ceux encore à l’intérieur sont pris d’une terreur machinale. C’est le cas par exemple d’un père de famille avec sa fillette de cinq ans présents pour écouter Prince Ringard, qui témoignera auprès du blogueur Bison Teint.

Prince Ringard - Ze muzic All Besançon - 25/01/2013

Vue de la soirée avant l’agression © Ze muzic All.

Mais les assaillants s’enfuient, finalement plus de peur que de mal. La gérante a décidé de porter plainte, l’instruction étant apparemment en cours. J’ai eu le « privilège » d’engager une conversation avec l’un des auteurs de cette descente, de manière bien sûr anonyme. Il m’explique avoir agit par esprit de vengeance afin de punir d’anciennes rixes entre des collègues de son milieu et des antifascistes, et des agressions envers « des gens originaires de la campagne. »

Le lieu leur paraissait adéquat « car c’est de la musique d’anar et les participants avaient des crêtes » (référence aux punks et skinheads antifascistes). Lorsque je lui précise qu’ils s’en sont pris à des personnes innocentes et étrangères à leurs problèmes, il affirme que non. Il terminera par cette phrase : « ce qu’il faut retenir c’est que dorénavant il y aura réponse violente a chacune de vos sorties. » J’espère avoir prochainement une version complète de son point de vue, que je ferai parvenir en totalité et sans altération si un accord est trouvé.

Déjà trois nouveaux actes signalés

Peu après cette intervention, le soir même, quatre jeunes issus de la diversité auraient été pris à parti dans une rue adjacente. Ils se seraient fait gazés au niveau de la porte Rivotte. Le samedi suivant en pleine après-midi, un jeune d’ascendance maghrébine aurait été attaqué au couteau, et ouvert au niveau du visage dans l’intention de le « balafrer. » D’importantes blessures seraient à déplorer, et la victime aurait clairement désigné « des fachos » comme ses bourreaux. Malheureusement ces témoins se sont évaporés sans qu’ils ne laissent plus d’éléments. Lundi 28 janvier au soir, un libertaire est de nouveau agressé dans les mêmes circonstances alors qu’il promenait son chien. Les faits se seraient déroulés encore une fois dans le centre historique. Plus précisément au niveau du crédit Agricole de la rue Goudimel, entre 23h et minuit. Armée de triplex une bande d’une dizaine d’individus aurait roué de coups le jeune en lui hurlant « Besançon est à nous » et « on va vous chasser. » Il s’en tirerait « bien » avec quelques lacérations et un coup au crâne entrainant une hémorragie vite maitrisée. Les agresseurs ont été pour la plupart formellement reconnus, d’autres non. Il pourrait s’agir pour ces derniers de connections régionales (Dole et Montbéliard particulièrement) et même de Suisse.

Une prochaine « nuit des longs couteaux » Bisontine ?

Ces actes de violences, devenus récurrents voir frénétiques, commencent à éveiller la conscience de la population Bisontine qui jusque là ne connaissait pas ces réalités ou les dénigrait. De tels agissements ne sont évidemment pas le monopole des nationalistes radicaux, mais l’étendue de leurs cibles potentielles, la fréquence, le niveau de brutalité, et le non-sens des attaques, font qu’ils apparaissent éminemment dangereux pour la société. Il faut dire aussi que la presse n’a pas toujours été au rendez-vous, considérant ces événements comme des luttes marginales entre extrêmes. Elle commence timidement à en parler, devant leur retentissement et leur gravité, pour le moment uniquement grâce aux blogueurs qui font pression. Mais plus inquiétant, c’est les encouragements toujours plus décomplexés de certains politiques à l’égard de thèses répugnantes qui confortent le bien-fondé de ces actes, et l’inactivité des services de police et de justice qui ne semblent toujours pas prendre le problème au sérieux.

Les individus sont pourtant notoirement connus, tâche de décryptage qu’exerce avec talent le siteFafwatch ainsi que le Collectif antifasciste de Besançon. Pourtant, faute de plaintes dans certains cas, de volonté dans d’autres, ces actes resteront sans suites et donneront une nouvelle fois un sentiment d’impunité totale à leurs auteurs continuant sans relâche leurs exactions. Jusqu’où ira l’emballement de ces néo-fascistes sans scrupules ? Doit-on attendre une catastrophe ou une opération de plus grande envergure pour leur barrer la route ? Normalement, non. Car loi du 10 janvier 1936 sur les groupes de combat et milices privées permet en théorie leur arrêt. Mais d’ici à ce que les Autorités réagissent, leur réseau s’étend et s’implante durablement, avec en conséquence combien d’autres futures victimes peut-être fracassées à coup de batte, jetées dans le Doubs, lardées au canif…

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alternativelibertaire33
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commentaires

omnitech reviews 08/10/2014 11:34

The new Nazi aggression in Besancon seems to be interesting. It is shocking to read about the cruelty and brutal killing that is done to the Nazi people. But here they not mentioned anything about the rules of Hitler.

Prince Ringard 03/03/2014 15:11

salut, depuis environ deux ans et demi nous sommes l'objet de menaces de la part des fachistes. C'est devenu notre quotidien. Nous avons pris la décision d'informer les orgas, ce serait pas très honnête de les laisser dans l'ignorance. Ca fait bien longtemps que les fafs veulent me mettre une balle. Ca m'amuse et de toute façon à 68 ans je suis assez vieux pour crever. Je vous souhaite le meilleur dans ce monde improbable. JC (Le Prince Ringard)

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