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DEMOSPHERE GIRONDE

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11 décembre 2010 6 11 /12 /décembre /2010 18:40

Nous venons de vivre l’un des plus importants mouvements sociaux de ces dernières décennies. Nous étions des millions, salarié-e-s, privé-e-s d’emplois, jeunes et retraité-e-s à participer et/ou à soutenir le mouvement de manifestations, de grèves et d’actions de blocage de l’économie contre la réforme du gouvernement et du patronat. Si nous n’avons pas gagné, nous n’avons pas la gueule de bois pour autant ! Anticipons les futures attaques du gouvernement contre nos acquis et ne nous laissons pas avoir par le spectacle électoral de 2012.
Un mouvement social de très forte ampleur…rubon28-190x82.jpg

Nous venons de vivre un mouvement de très forte intensité. Nous étions et sommes toujours des millions convaincu-e-s de l’injustice de la réforme des retraites de Sarkozy et de Parisot (patronat), qui sert les intérêts des riches. Il y a longtemps que nous n’avions pas vu autant de personnes manifester, se mettre en grève… Nous avons pu mesurer à quel point lorsque nous agissons tous et toutes ensemble, lorsque nous occupons la rue, nos lieux de travails, nous sommes une force déterminante. Mais pour autant, malgré cette mobilisation, nous n’avons pas réussi à faire plier ce gouvernement. 
… qui n’a pas gagné

Nous ne nous voilons pas la face. Nous avons perdu ce bras de fer. Pourquoi et comment une défaite malgré une telle mobilisation ? Les raisons sont multiples. 

Ce pouvoir, au service des riches et des capitalistes n’est pas prêt à lâcher facilement. Pour le battre, il faut un rapport de force très important, il faut croire en la possibilité d’une victoire et ne pas seulement être dans une posture attentiste ou de « grève par procuration ». Oui, la droite et le patronat sont à l’offensive depuis des années, contre les travailleuses et les travailleurs, contre les immigré-e-s, contre les précaires, contre la jeunesse, contre les retraité-e-s. Mais si nous baissons les bras, si nous pensons que rien d’autre n’est possible, si nous nous résignons, alors ils auront déjà gagné !  

La faiblesse du syndicalisme est un autre élément central pour comprendre cette défaite. Le syndicat est un outil de défense, d’organisation et d’action au service des salarié-e-s. Dans les secteurs en pointe de la mobilisation, dans la chimie ou à la SNCF par exemple, l’existence d’équipes syndicales combattives a été déterminante. Ainsi, ce mouvement a révélé l’importance d’être syndiqué-e et celle de faire grève.

Pour autant, il y a une différence entre un syndicalisme de lutte, qui défend les intérêts des travailleuses et des travailleurs contre les capitalistes, et un syndicalisme de compromission, qui fonctionne par petits arrangements avec le patronat. Un syndicalisme de lutte plus fort aurait pesé davantage sur l’intersyndicale nationale et surtout aurait dû être capable d’impulser la grève reconductible dans plus de secteurs.
Des éléments positifs à retenir et discuter

Même si nous avons perdu, nous ne sommes pas démoralisé-e-s car ce mouvement a permis de mettre en avant une forte conscience de classe chez une partie de la population. Cela signifie que les gens ne se laissent pas berner par le discours du pouvoir et comprennent que leurs intérêts ne sont pas les mêmes que ceux de la bourgeoisie qui dirige le pays et l’économie. 

A retenir également : le développement de la lutte à partir de coordinations intersyndicales et interprofessionnelles à l’échelle locale, comme ce fut le cas par exemple au Havre, à Rouen ou à Tours. Cela signifie que dans certaines villes, le travail unitaire qui existe au niveau des différents syndicats peut créer dynamiser le mouvement et favoriser l’auto-organisation, la démocratie et la reprise en main de la lutte par les personnes qui la mènent. 

Enfin, il faut souligner la forte solidarité qui s’est manifestée durant cette mobilisation. Elle passe par les dons nombreux - des centaines de milliers d’euros - aux caisses de grèves. Elle passe aussi par le soutien massif au mouvement par la population.

Profitons de cette période de fin d’année, où nous allons croiser beaucoup de monde, pour discuter de ce mouvement. Parce que nous sommes toujours debout et que nous savons que d’autres attaques se profilent. 
Une droite de combat

Le gouvernement et le patronat se frottent les mains et restent « droits dans leurs bottes ». La ligne politique reste la même, ils vont tenter de continuer à casser les acquis sociaux et à démonter tout ce qui ressemble trop à de la solidarité organisée. D’ores et déjà, la Sécurité Sociale est dans la ligne de mire du gouvernement. Le racisme d’Etat, la violence contre les étrangers et étrangères, contre les sans-papiers va continuer. Il n’y a rien à attendre non plus d’une prise en compte des enjeux écologiques  : on assiste à une fuite en avant productiviste, et le « Grenelle de l’environnement » est un écran de fumée. Non, il n’y a rien à attendre de ce gouvernement méprisant. 

La victoire du gouvernement et du patronat est peu glorieuse : nous sommes une majorité de la population à penser qu’ils ne sont pas légitimes pour nous diriger. Cette illégitimité est un point d’appui pour construire de nouvelles mobilisations. Actuellement, à l’échelle européenne, les résistances aux politiques libérales, les grèves, comme en Grèce, en Espagne, en Irlande, en Italie où en Grande-Bretagne se multiplient. Alors quelles sont les alternatives ?  
N’attendons rien du parti socialiste

Pendant que le chômage et la précarité augmentent, que des gens vivent à la rue, que les sans-papiers sont traqué-e-s, que les capitalistes se goinfrent de profits volés sur notre travail, les professionnel-le-s de la politique ne se soucient que d’une chose : les élections présidentielles et législatives de 2012. C’est la magie de ce système  : à peine une élection est-elle passée que les élu-e-s cherchent à se replacer. Les médias suivent et nous rabattent les oreilles de « candidatures », de batailles d’égos, et autres guéguerres pour savoir « qui représente le Centre » (sic !). Il en va de même à « gauche », autour du PS ou d’Europe-Ecologie.

Tous ce tapage médiatique n’est pas innocent. On cherche à nous intéresser à un feuilleton à rebondissements pour nous faire oublier que nous n’en sommes pas les acteurs. On cherche à nous faire croire que nous pouvons changer les choses en mettant un bulletin dans une urne une fois tous les 5 ans. Le discours de cette gauche sur « l’alternance électorale » fait miroiter des changements qui ne viendront pas. Quelle serait la politique sociale ou écologique d’une « gauche » qui ne souhaite pas la rupture avec le capitalisme ? D’une « gauche » qui a refusé de régulariser les sans-papiers et qui veut nous faire cotiser plus longtemps pour les retraites ?…

Ce qui comptera au final, c’est l’état du rapport de force entre les travailleur-se-s et le patronat dans le pays. Si le mouvement social reste attentiste dans l’année qui vient, alors le gouvernement qui sera élu, qu’il soit du PS ou de l’UMP, aura les mains libres pour poursuivre la destruction de nos acquis sociaux

Oui nous voulons virer Sarkozy et cette droite de combat. Mais pas pour la remplacer par une gauche fadasse. Nous ne voulons pas d’un système politique construit pour préserver les intérêts des dominants et des plus riches. Arrêtons de confier à d’autres le droit de décider pour nous !
Une alternative communiste libertaire

La société actuelle, le modèle capitaliste, ne sont pas une fatalité. Il est possible de gagner de nouveaux droits sociaux, de construire une société égalitaire et libertaire, une société humaine et solidaire, qui prenne en compte les enjeux écologiques, féministes et anti-racistes. Ce changement ne se décrétera pas par en-haut et cette société ne se construira pas sans nous. Changer la société commence par s’informer, s’organiser, créer des alternatives, élaborer des projets et agir ! Nous y travaillons, vous le pouvez aussi !

 

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alternativelibertaire33 - dans International
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