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DEMOSPHERE GIRONDE

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11 janvier 2012 3 11 /01 /janvier /2012 12:17

SeaFrance. Non à la grande braderie : les bateaux appartiennent aux salarié-e-s.photo_1326116853851-16-0.jpg

Le tribunal de commerce de Paris a prononcé ce lundi 9 janvier la liquidation définitive avec cessation d'activité de la compagnie SeaFrance, suivant ainsi les recommandations du gouvernement. En effet, si Sarkozy a caracolé dans les médias en prétendant soutenir le projet de reprise par la SCOP (société coopérative ouvrière de production) des salarié-e-s de SeaFrance, il s’agissait avant tout d’effets de manche à 100 jours du premier tour de l’élection présidentielle. Les salarié-e-s de SeaFrance ne s’y sont pas trompés : comment avoir confiance en des politiciens qui reviennent sur toutes leurs promesses une fois élus ? Comment croire qu’il y aura bien une reprise de l’activité une fois l’entreprise liquidée ?

La CFDT SeaFrance fait depuis l’objet d’un tir de barrage dans les médias pour avoir osé affirmer que les salarié-e-s pouvaient réussir à maintenir l’activité là où le patronat a échoué. Elle est qualifiée de « fanatique » parce qu’elle refuse tous les projets soutenus par le gouvernement et défend une reprise immédiate par la SCOP. Mais quel était le contenu de ces projets ?

- L’offre de reprise de Louis Dreyfus Armateurs et de la société danoise low-cost DFDS consiste à conserver seulement 300 emplois sur les 880 et ne s’engage pas à maintenir l’activité au-delà de 5 ans. Déjà en 2009, SeaFrance avait supprimé 540 emplois. Aujourd’hui, les salarié-e-s disent « ça suffit ! » et les médias leurs répondent « fanatiques ».

- La SNCF quant à elle se targue de soutenir le projet de SCOP, mais en conditionnant son soutien à une liquidation préalable de l’entreprise, à la revente d’un des trois bateaux de SeaFrance et en évoquant haut et fort que des salarié-e-s pourraient se reclassés au sein de la SNCF, sur d’autres postes et dans d’autres régions.

- Enfin, Eurotunnel se présente comme un sauveur de dernière minute, mais dit clairement qu’elle est très intéressée par le rachat des trois bateaux. Ainsi, la SCOP devrait louer les bateaux, ce qui diminue d’autant ses chances de maintenir l’activité. Pourtant, ces bateaux, c’est le travail des marins de SeaFrance qui a permis de les exploiter. Si le patronat déguerpit, alors l’outil de travail, les bateaux, doit rester aux salarié-e-s.

A cette offensive de dénigrement du projet de SCOP et de l’action des salarié-e-s de SeaFrance s’ajoute une répression syndicale interne à la CFDT. Chérèque annonce aujourd’hui dans la presse qu’il va exclure de sa confédération les délégués syndicaux de la CFDT SeaFrance. De la part d’un dirigeant syndical qui n’a rien fait pour SeaFrance à part applaudir aux promesses du gouvernement, c’est un peu l’hôpital qui se moque de la charité.

La décision du tribunal de commerce de Paris constitue sans conteste un revers pour les salarié-e-s de SeaFrance. Pour autant, la lutte n’est pas finie. Les salarié-e-s devraient toucher des indemnités de licenciement exceptionnelles qui rendent toujours envisageable la reprise par la SCOP si certains bateaux sont revendus. L’avenir dépendra du montant de ces indemnités, donc de la lutte des salarié-e-s et du soutien qui leur est témoigné.

Alternative libertaire soutient les salarié-e-s de SeaFrance quelle que soit leur décision finale. C’est aux salarié-e-s de décider de l’avenir des entreprises, de les reprendre en main, à SeaFrance comme ailleurs.

Alternaitve libertaire, le 9 janvier 2012


A très bientôt dans la rue et dans les luttes !
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